RGPD et secret professionnel de l’avocat : ce que tout cabinet belge doit savoir
Le secret professionnel (article 458 du Code pénal) impose un standard plus strict que le RGPD seul. Comment concilier les deux lorsqu’un cabinet utilise des outils numériques et de l’IA ?
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Tout cabinet d’avocats belge traite des données parmi les plus sensibles qui soient. À ce titre, il est soumis à deux régimes complémentaires : le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et le secret professionnel garanti par l’article 458 du Code pénal.
Deux régimes, un seul objectif : la confiance
Le RGPD encadre le traitement des données à caractère personnel ; le secret professionnel protège, plus largement, toute information confiée à l’avocat dans l’exercice de sa mission. Le second est souvent plus exigeant, il est opposable à tout tiers, y compris à certaines autorités.
- Base légale et finalité claires pour chaque traitement (RGPD).
- Minimisation des données et durées de conservation limitées.
- Confidentialité renforcée vis-à-vis des tiers (secret professionnel).
- Encadrement contractuel strict de tout sous-traitant (article 28 RGPD).
Le point sensible : les outils numériques et l’IA
Lorsqu’un cabinet recourt à un logiciel d’analyse ou à l’intelligence artificielle, la question centrale devient : où vont les documents, et qui peut y accéder ? Trois garde-fous sont essentiels.
1. Hébergement dans l’Union européenne
Les données doivent rester dans l’EEE, à l’abri des législations extra-européennes. Un hébergement souverain, documenté et auditable, est un prérequis.
2. Absence d’entraînement sur vos données
Le prestataire ne doit jamais utiliser le contenu des dossiers pour entraîner ses modèles. Cette interdiction doit être contractuelle et technique.
3. Maîtrise de la conservation
L’idéal est une approche « zéro rétention » du contenu : traitement en mémoire, sans stockage durable des pièces, et conservation limitée aux seules métadonnées techniques exigées par la loi.
Un outil conforme ne se contente pas de respecter le RGPD : il honore aussi le secret professionnel, par conception.
Checklist avant d’adopter un outil
- Le prestataire signe-t-il un accord de sous-traitance (DPA) conforme à l’article 28 RGPD ?
- Les serveurs sont-ils situés dans l’UE ?
- Le contenu est-il exclu de tout entraînement de modèles ?
- La politique de conservation est-elle claire et limitée ?
- Le secret professionnel est-il expressément opposable aux prestataires ?
Concilier RGPD et secret professionnel n’est pas un obstacle à l’innovation : c’est le cadre qui permet à un cabinet d’adopter des outils modernes sans compromettre la confiance de ses clients.
Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un avocat pour toute situation particulière.
